Le Tête Colorée de Brive

    

Noble, fier, élégant, indépendant, qui a du caractère, telles sont les particularités de ce pigeon.
Il était très souvent dénommé par l’abréviation : TNB.
Puis en 2012 il devient TCB.

Historique de la race

   Il est vrai que son histoire se confond quelque peu avec sa légende. Ses origines très lointaines sont assez incertaines : beaucoup d’opinions ont été émises, mais la thèse la plus probante est que ce pigeon aurait été ramené des croisades, via la Turquie, par les seigneurs féodaux de Turenne et de Collonges La Rouge, en Corrèze.

   Il aurait d’ailleurs une certaine ressemblance avec l’ancien Pigeon Turc. Sa couleur insolite et particulière se retrouve chez le Pigeon Espagnol qui, d’ailleurs, descendrait du Pigeon Turc.

   Ce qui est certain, c’est que des pigeons de ce type et de cette couleur existaient dans de nombreuses fermes de la région de Brive, et même jusqu’en haut-limousin, dès le début du 20ème siècle, d’après certains témoignages de vieux paysans de la région qui se souviendraient en avoir vu dans leur jeunesse. Ces pigeons étaient élevés sans beaucoup de sélection et se reproduisaient cependant tant au point de vue forme que marques.

   Ceux-ci allaient très probablement disparaître par suite de nombreux croisements et métissages. Certains écrits attestent que c’est en 1949, d’autres en 1953 que Monsieur Moreau, vieil éleveur de Malemort en Corrèze, eut son attention attirée par quelques rares rescapés qui parurent dignes d’intérêt. Celui-ci put se procurer un jeune orphelin qu’il éleva à la main ; ce sujet s’avéra être un mâle. Mr Moreau se procura à grand peine une femelle : ce fut là le couple de départ de son élevage. Ce n’est seulement que vers 1959 que Mr Moreau commence une sélection plus rigoureuse et baptise ce pigeon à tête noire « Le Tête Noire de Brive ». A la même époque, l’abbé Mage participe également à cette sélection.

   Mr Moreau est non pas le créateur de la race mais le colombiculteur qui, par sa ténacité, a permis à cette race d’être reconnue. Avec l’abbé Mage, ils sont donc les deux précurseurs de la race.

   En 1972, lors d’une visite chez Monsieur Moreau, Etienne Tamburini lui conseille d’introduire du Bagadais français dans ses TNB. Il refuse catégoriquement. L’abbé Mage, quant à lui, tente l’expérience.

   Ce n’est qu’en 1972 qu’apparaissent les premiers TNB en exposition à Brive bien sûr, puis à Bordeaux.

   Le premier projet de standard est établi le 18 février 1972 par messieurs Moreau, Blanc et Gouyou. Le 6 octobre 1973, l’abbé Mage transmet à Mr Moreau la copie du standard qu’Etienne Tamburini a établi.                                                                                                                                                          
   En 1973, au 110ème Salon de Paris, les premiers TNB sont exposés en vue d’une future homologation. Au 115ème Salon de Paris, c’est enfin la consécration : le standard officiel est homologué le 4 mars 1978. La ténacité de Mr Moreau est enfin récompensée, il a 82 ans.

  En janvier 2012, après un vote des membres lors de l'Assemblée Générale, le club autorise l'accès à de nouvelles couleurs (rouge, jaune, bleu) en plus de la couleur d'origine : le noir, ce qui entraîne la modification du nom de la race en : Tête Colorée de Brive.

Histoire du club

   Le Club français du pigeon Tête Noire de Brive voit le jour le 25 juillet 1979, avec pour président Mr Lafont. En 1982, Jean Pierre Bésanger en prend la direction. Il essaie d’insuffler un peu de tonus à l’équipe de mordus. Il passe la main à Eric Marcou en 1988, qui en  assura la présidence jusqu’à janvier 2006. En décembre 2006, c’est Laurent Lacoste qui reprend le flambeau pour le passer à David CURE, lors de l’Assemblée générale à Montluçon, en 2009.

   L’occasion de réunir les éleveurs et de se rencontrer pour la première fois, est réalisée lors d’une journée technique chez Jean Pascarel, alors trésorier du club, le 20 juin 1982. Quelques réunions techniques eurent lieu ensuite de façon espacée. Mais c’est lors d’une journée technique, en 1993 à St Germain Les Vergnes, en Corrèze, chez le président Eric Marcou, que le club a pris son véritable essor.

   Un article paru dans le magasine Rustica déclenche, en 1991, une demande démesurée de renseignements et la venue de nouveaux éleveurs dont certains sont devenus les piliers du club.

   Jusqu’en 1992, le club fait deux championnats de France annuels, le premier pour la catégorie « adultes » et le second pour la catégorie « jeunes ». A partir de 1993, les deux catégories sont réunies dans même championnat, ce qui renforce le nombre de sujets présentés au même endroit, ce qui permet également aux éleveurs de se retrouver dans un moment privilégié et de participer à l’assemblée générale annuelle qui se fait, depuis cette date, lors du championnat de France.

   A partir de 1994, les championnats de France s’exportent hors du Sud-Ouest (Bray sur Seine – Châtellerault – Niort – Chambéry – St Etienne – Chambéry - Metz …). Le Conseil d’administration s’ouvre également aux adhérents de tout l’hexagone. C’est alors que le club prend sa réelle dimension nationale.

   Actuellement, un championnat de France véhicule une moyenne de 150 TNB, avec une poussée à 220 lors du Centenaire de la SNC à Chambéry en 2003.

   En un peu plus de 25 ans, le club a su trouver la voie pour faire sortir le TNB de l’anonymat. Bien qu’en moins d’une décennie, le niveau de sélection ait fait des progrès considérables, il reste néanmoins beaucoup de travail sur ce sujet. Cependant le club, dynamique, dont les valeurs fondamentales sont spécificité de la race, cohésion, solidarité et engagement, entreprend des initiatives judicieuses qui amèneront à plus à plus ou moins long terme la notoriété méritée à ce pigeon, issu du patrimoine corrézien, mais encore trop méconnu dans le monde avicole.
  En 2012, afin de ne pas voir naître de nouvelles races ayant les mêmes caractéristiques mais avec plusieurs variétés. Le club autorise l'accès à de nouvelles couleurs (rouge, jaune, bleu) en plus de la couleur d'origine : le noir), ce qui entraîne la modification du nom de la race en : Tête Colorée de Brive.

Couleur et dessin

  

Sélection

   Depuis vingt ans, la sélection du TCB a fait un grand pas en avant. Quelques années de galère furent nécessaires néanmoins pour gommer les erreurs du passé, induites par l’introduction non maîtrisée de différentes races (Bagadais, Dragon …) et retrouver enfin le pigeon d’origine.

   Certains défauts d’origine ont maintenant pratiquement disparu, voire totalement pour certains (yeux coulés, tours d’yeux grossiers …). Les types sont de plus en plus homogènes.

   Le niveau sélectif des mâles est beaucoup plus avancé que celui des femelles. Le sex-ratio n’a jamais été étudié dans cette race, mais force est de constater qu’il naît beaucoup plus de mâles que de femelles. C’est très certainement pour cette raison que la pression de sélection a été plus forte chez cette catégorie.

   Il reste néanmoins un travail sélectif énorme à faire. Au niveau de l’ensemble « couleur – dessin », un gros travail reste à faire ; les éleveurs peuvent constater que le facteur génétique pencilled est un facteur relativement instable.

Tempérament

   Noble, fier, élégant, indépendant, vif. C’est un oiseau puissant, assez méfiant, remuant mais jamais agressif.  Bon voilier, il est pratiquement toujours en mouvement. C’est en réalité un pigeon de caractère pour éleveur de caractère.

Elevage et reproduction

   L’élevage du Tête Colorée de Brive ne comporte pas de difficultés majeures. Il ne demande pas de soins particuliers. C’est un très bon reproducteur ; il est très rustique.

   C’est un très bon voilier ; il faut donc éviter de l’élever en cage individuelle, à moins qu’elle soit assez spacieuse. Si c’est le mode d’élevage choisi, il faudra néanmoins, pour qu’il garde l’esprit de concurrence hiérarchique, qu’il puisse voir ses semblables des cages adjacentes.

   L’élevage peut commencé très tôt, dès janvier. Il amènera ses nombreuses couvées à terme jusqu’à octobre. C’est un oiseau qui défend âprement sa case et c’est un excellent nourricier pour sa progéniture.

   Si les conditions d’élevage sont favorables (espace, nourriture appropriée, soins et hygiène), il est, comme la plupart des races, très résistant aux maladies.

   En règle générale, les jeunes TCB sont assez tardifs à se déclarer, ce qui, parfois, permet de douter de la certitude du sexe chez une jeune (supposée) femelle.